Sabrina ; Une femme pas comme les autres

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Des femmes comme Sabrina, on n’en croise pas à tous les coins de rue.  Un look atypique et bien à elle qu’elle cultive avec amour. Passionnée de tatouages, la plupart de son corps en est couvert.  Mais comme le dit le dicton, l’habit ne fait pas le moine. Bina- comme elle préfère qu’on l’appelle – ne déroge pas à la règle.

Mère de quatre enfants, sa famille est sa première passion.  L’éducation qu’elle leur donne est une belle leçon sur le regard qu’ont les autres sur ceux qui sont différents.  Parce qu’il s’avère que pour Bina, il n’est pas toujours été facile de montrer au corps éducatif qu’elle est une bonne mère. Elle est souvent  réduite à son apparence et aux préjugés qui l’accompagnent. Sa réponse ? La discussion. « C’est en parlant avec les gens qu’on apprend à les connaître, pas en les regardant. », affirme-t-elle. Ses enfants, eux, n’ont pas honte de leur mère. Au contraire, ils sont fiers d’avoir une maman différente.

Cette passion du tatouage  commence quand elle se sépare de son premier compagnon, à 27 ans. Alors mère de deux garçons, elle se fait tatouer les initiales de leurs prénoms dans la nuque, le début d’une longue série. Elle rencontre quelque temps plus tard celui qui lui  permet de s’épanouir dans ce milieu et qui  devient le père de ses deux prochains enfants. De cette rencontre née aussi une idée, un projet longtemps couvé, qui connaît maintenant son aboutissement : le « Studio 27 ». Ensemble, ils ont monté ce salon de tatouage qui a fêté sa première année en 2017 et font de leur passion leur métier.

Le tatouage est cela dit révélateur d’un certain mal-être lorsqu’il est dans le surnombre. Le psychanalyste et sociologue Patrick Fraselle le décrit d’ailleurs comme « un support narcissique pathologique entrevue comme œuvre d’art ». Porter des tatouages c’est vouloir se démarquer de la masse pour pouvoir appartenir à une catégorie à part. L’origine du tatouage en Europe vient d’ailleurs de ces personnes que l’on souhaitait catégoriser pour pouvoir mieux les reconnaître comme les pirates ou les esclaves. Bina elle ne le voit pas de cette manière, pour elle c’est une armure une manière de se cacher, une parade pour éviter que l’on voit la  femme discrète et sensible qui se cache derrière cet amas d’encre. Mais est-ce vraiment une solution surtout lorsque l’on connait les risques liés à la pratique du tatouage ? Se sent-on vraiment mis en valeur lorsque notre corps est l’objet de tant de changement ?

Sabrina répondra sûrement que oui, elle qui avoue être « complètement épanouie dans sa vie de mère de femme et d’épouse« . Elle a su trouver un univers dans lequel elle se sent protégée et bien dans sa peau et lorsque l’on a cela le regard des autres doit importer bien peu.

Les risques des tatouages – L’avis du médecin 

Alternatives – Quel sont les plus grands risques liés aux tatouages ?

Docteur Oderbolz : Ils en existent plusieurs qui peuvent être reliés à plusieurs causes. Comme par exemple la mauvaise hygiène du salon de tatouage et du matériel qui peuvent favoriser la prolifération de bactéries sur la cicatrisation d’un tatouage et causer une infection. Le fait que le tatoueur ne change pas ses aiguilles ce qui entraîne la transmission de virus comme le VIH ou l’hépatite C. Et puis il y a aussi la question de la qualité des encres et de l’exposition au soleil qui causent bon nombre de cancers de la peau.

Alternatives – Est-ce qu’avoir un seul tatouage ou le corps recouvert change quelque chose ?

Docteur Oderbolz : Bien-sûr que oui, il ne faut pas oublier que lorsque qu’un tatouage est effectué la peau absorbe l’encre et la fait voyager dans l’organisme ce qui peut être dangereux car passant par la lymphe* elle peut se retrouver directement dans les ganglions. Le fait d’avoir un seul tatouage réduit ce risque, mais n’efface pas le fait que lors d’un tatouage on insère sous le derme pas loin d’1mg par cm2, ce qui est donc assez conséquent pour les personnes possédant plusieurs tatouages de grandes tailles.

Alternatives – Dans le cas de Sabrina qui a même l’intérieur des yeux tatoué qu’en pensez-vous ?

Docteur Oderbolz : Qu’elle est tout de même courageuse de l’avoir fait mais que médicalement c’est à proscrire. Le tatouage de l’œil est extrêmement dangereux car on vient insérer l’encre dans ce que l’on appelle la conjonctive qui est la fine membrane qui protège le blanc de l’œil et la sclère. Les risques peuvent être très graves si l’opération est mal effectuée et le patient peut perdre jusqu’à son globe oculaire ainsi que la vue au préalable.

 

 

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